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Silence, on marche...

sur le Camino Francès

avril-mai 2010

Après Camino et annexes


Commentaires, questions, suggestions :

charlesyvonross@hotmail.com

Après Camino

 

Jour 40 / La suite

Dimanche 16 mai 2010

 

Après toutes ces émotions, il faut remettre les pieds sur terre et penser à se loger. Nous partons à la recherche de l'auberge que les françaises nous ont dénichée mais sans l'adresse, c'est plutôt ardu. Nous gaspillons le peu d'énergie qu'il nous reste à tourner en rond. Le temps file et en plus, il y a le Grand Prix de Formule Un à quatorze heures que je ne veux pas manquer. Nous revenons devant la cathédrale et scrutons à la loupe tous les gens qui sortent de la messe à la recherche de nos françaises. Sans succès.

 

Nous décidons de chercher un kiosque d'information touristique que nous trouvons en moins de deux. Par un heureux hasard inespéré, nos françaises y sont ! Elles aussi n'ont pas trouvé l'auberge et elle ne figure nulle part dans les guides de la ville. Jacqueline décide d'appeler pour se faire confirmer l'adresse et la coquine me met rapidement l'appareil dans les mains en me disant que ça sonne. J'apprends que cette fameuse auberge est à Astorga, à cent kilomètres d'ici ! Ça nous fait une belle jambe ! Alors que nous discutons fort dans la rue, un couple de français que nous connaissons passe au même moment et nous recommande leur hôtel à bon prix. Merveilleux ! Durant ce brouhaha, je m'engouffre dans le bar tout juste en face pour assister au début du Grand Prix. Je m'asseois avec une bière et un plat d'olives au moment où la course débute. Quel plaisir ! Je regarde le départ ainsi que les premiers tours et nous partons vers l'hôtel qui n'est pas trop loin.

 

La chambre est très petite, plutôt dispendieuse mais propre. Nous nous sommes logés pour une bouchée de pain durant les quarante derniers jours et les trente-sept euros d'aujourd'hui me font un peu grimacer. Heureusement, j'ai une télé câblée et je peux regarder la fin du Grand Prix. Les françaises logent dans la chambre voisine et rendent l'étage très animé. 

 

En fin d'après-midi, nous retournons marcher en ville et pendant presque deux heures, impossible de dénicher un locateur de voitures ouvert le dimanche. Il faudra attendre à demain bien que ce soit jour férié. Au hasard des rues, nous croisons avec grand plaisir Fina, une dame âgée que nous avons côtoyée quelques temps sur le chemin et que nous avions vu pour la première fois à Azofra, au jour 9, alors qu'elle déambulait dans le village avec ses sacs de provisions et ses gros écouteurs sur les oreilles. A quelques pas de nous, deux ténors entonnent "Ave Maria". Décidément, cette pièce saura me rappeler mon arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

Nous retrouvons les filles devant la cathédrale comme prévu à dix-neuf heures. Un groupe de gens qu'elles reconnaissent sont là et nous convenons de boire un coup avec eux avant d'aller souper nous six ensemble. Nous suivons les étrangers dans le restaurant d'un hôtel très chic. Ils se mettent à discuter entre eux et parlent de commander du Champagne. Je jette un œil à la carte des vins et je ne trouve rien qui ne soit pas hors de prix. Je suis perplexe et vois bien la mine déconfite des filles. Sylvie et moi marmonnons à voix basse notre mécontentement et elle me glisse à l'oreille que si je me lève pour quitter, elle me suit. Ce que je fais sur le champ. Je m'excuse auprès du groupe en leur disant que les prix ne nous conviennent pas et que nous préférons simplement prendre une bière sur une terrasse. Les cinq filles se lèvent d'un trait et nous quittons la place. Une femme tente de nous retenir en disant que ce ne sera que trois euros chacun pour du Champagne. À l'extérieur, nous nous félicitons de notre audace d'avoir quitté ces bourgeois. Personne n'était à l'aise et ça fait du bien de se retrouver juste nous six.

 

Nous nous rendons dans un petit restaurant sympathique et buvons bière, sangria et vin en mangeant de la paella. Nous rions bien fort l'aventure des champagnards, sûrement autant qu'eux ont dû le faire. Le tenancier tente de faire de l'argent sur notre dos en nous chargeant des tapas qu'il nous apporte et que nous n'avons pas commandés. Il a ma façon de penser mais il s'en tire facilement parce que ça ne se passe pas en français. Nous payons quand même parce que nous sommes honnêtes.

 

Nous retournons calmement à l'hôtel et finissons la soirée en regardant la finale de tennis Nadal / Federer à la télévision.

 

 

 

 

Jour 1 / Fisterra

 

Quand c'était le temps de marcher, nous le faisions avec cœur et intérêt. Maintenant, le temps est au repos et aux vacances et nous en profiterons. Ce matin, pour fêter ça, nous dormons jusqu'à huit heures. Le temps est splendide et nous partons petit-déjeûner avec nos amies françaises. Nous marchons vers la cathédrale et dénichons un petit bar bien tranquille.

 

Nous avons tout notre temps et prenons même deux cafés. Ce matin, en ce jour férié de l'Assomption, nous devons trouver une compagnie de location de voitures ouverte et les filles elles, recherchent la gare. Nous jumelons les deux quêtes et partons dans la ville. Nous arrêtons au bureau de tourisme et le commis appelle une compagnie de location et nous confirme que c'est ouvert. Nous marchons vers la gare, puis vers la compagnie de location. Les volets sont ouverts mais la porte est barrée. Nous attendons une dizaine de minutes mais toujours personne. Nous retournons à l'hôtel car nous devons laisser la chambre à midi et il est onze heures quinze. Nous reviendrons tout à l'heure avec nos sacs à dos.

 

Nous passons nos derniers moments avec nos amies françaises et c'est toujours aussi agréable. Marie offre à Louise la coquille qui l'accompagne depuis l'an passé et qui provient du Finistère breton. Elle est très touchée par cette attention et ne veut pas l'accepter. Sylvie fait de même et m'offre la sienne. C'est un geste grand en signification, considérant le chemin que ces coquilles ont parcouru. Et ça démontre aussi l'amitié qu'elles nous portent.

 

Nous enfilons nos sacs à dos et descendons à la rue pour les adieux déchirants, au travers des amoncellements de vidanges accumulées dans la rue à cause de la grève des éboueurs. Après nous être retournés presque dix fois pour leur envoyer la main, nous les perdons finalement de vue. Nous les quittons à regret.

 

Le locateur est encore fermé et cette fois-ci, nous n'attendons pas et nous nous dirigeons chez un autre commerçant pas très loin de là. Si celui-ci n'est pas ouvert, nous devrons prendre le bus jusqu'à l'aéroport où tous les bureaux de location sont ouverts. Mais par chance, même en ce jour férié, il est ouvert. L'employé nous amène dans le garage et nous montre les voitures disponibles. Nous ne sommes pas exigeants et la moins dispendieuse fera l'affaire. Pendant que l'homme remplit les formulaires, je me rappelle avoir vu une Mini-Cooper rouge au fond du garage. Je me doute bien qu'elle sera plus dispendieuse et je m'informe quand même du prix. À ma grande surprise, elle n'est que quatre-vingts euros de plus. Nous réfléchissons très brièvement et décidons qu'il n'y a pas de raison de ne pas se gâter un peu. Après tout, notre vie sur le camino a coûté la moitié de ce que nous avions prévu.

 

Nous voilà en moins de deux sur l'autoroute au volant de cette coquette voiture rouge. Le feeling est spécial car je n'ai pas conduit depuis presque deux mois. Et nous n'avions utilisé aucun moyen de transport durant cette période. Nous sommes en direction du Cap Finistère, et plus précisément vers la ville de Fisterra.

 

Les kilomètres défilent et nous sommes bouleversés de voir passer si rapidement sous nos yeux toute cette belle campagne. Après quarante jours de marche, tout va très vite soudainement. Notre regard cherche toujours les sentiers et les flèches jaunes.

 

La route est belle et il fait très beau. Nous roulons à l'aventure sans vraiment savoir si nous sommes dans la bonne direction. Nous faisons un arrêt dans une épicerie pour demander notre chemin. J'achète quelques fruits pour remercier la dame qui m'a bien renseigné. Je retourne à l'intérieur acheter une canette de cola et la dame refuse de me la faire payer. Deuxième arrêt : boire un café. Troisième arrêt : marcher dans un village de pêcheur du nom de Corcubion. La place est tout simplement paradisiaque. De belles habitations sont érigées de part et d'autre d'une baie où se trouve un port et des dizaines de bateaux de pêche. Nous stationnons la voiture et marchons quelques centaines de mètres avant de nous arrêter prendre une bière sur une terrasse. C'est si beau ! Et si paisible ! L'eau est peu profonde près des quais et des centaines de gros poissons y pataugent. Impressionnant ! Nous quittons cet endroit, à contre-cœur, vers seize heures trente. Mais autre chose nous attend. Une première plage se trouve sur notre chemin à Estorde et nous nous y arrêtons. On dirait un lagon. Le sable est fin et l'eau limpide. Nous marchons pieds nus dans l'eau et ramassons nos premières coquilles. Il y a quelques dizaines de personnes sur cette plage et j'y vois pour la première fois de ma vie une femme aux seins nus en public.

 

Nous passons près de prendre une chambre dans l'hôtel sur la plage mais nous préférons poursuivre notre route. Nous traversons le village de Fisterra sans nous y arrêter et filons droit vers Cap Finistère, le bout du monde des temps anciens. L'endroit est grandiose car il s'agit du point le plus à l'ouest de toute l'Europe et la vue sur l'océan est à couper le souffle. S'y trouve aussi le kilomètre zéro du chemin de Compostelle.

 

Nous retournons vers Fisterra, d'abord pour souper, puis pour trouver un hébergement. Nous choisissons une terrasse près du port. Le décor est enchanteur et la nourriture correcte. Par la suite, nous commençons à rechercher notre logement du soir. Nous considérons un instant l'auberge de pèlerins, mais en passant devant, nous constatons qu'elle affiche complet. C'est mieux ainsi car je n'aurais pas supporté une nuit de plus dans un dortoir. Le temps file et l'étau se resserre. Alors que nous déambulons dans le centre du village qui n'est pas très charmant mais plutôt commercial, nous voyons une affiche de pension à la porte d'un magasin de souvenirs. Comme il nous faut incessamment trouver une place pour dormir, nous entrons à contre-coeur dans le commerce. Le commis nous demande d'attendre sa mère qui arrivera d'un moment à l'autre. Entretemps, il nous informe que le prix de la chambre est de vingt-cinq euros pour deux personnes. Le prix est intéressant mais le secteur douteux.

 

La dame arrive et elle est gentille. Elle a une chambre de libre et nous demande de la suivre car la pension ne se trouve pas dans l'édifice où nous sommes actuellement. Nous marchons avec elle dans le port, près de l'océan, durant plus de dix minutes. Plus nous avançons et plus le secteur vers lequel nous allons est intéressant. La dame est d'une gentillesse remarquable et elle semble bien nous apprécier. J'ai rapidement confiance en elle. Nous arrivons à sa maison, à quelques centaines de mètres de la mer et l'endroit est splendide. En fait, il s'agit d'un édifice à logement de quatre étages. Nous montons au troisième où se trouvent quatre chambres, une cuisine complète, une télévision câblée, une laveuse automatique et une salle de bain commune. Nous n'en revenons pas. La seule chambre disponible est peu éclairée et n'a qu'une toute petite fenêtre. La dame nous dit que la plus grande chambre de l'étage avec lit double, sofa et fenêtres immenses sera disponible dès demain et que nous pourrons la prendre si nous souhaitons rester plus d'une nuit. Nous réservons sur le champ pour les dix prochains jours. Alors que nous croyons tout savoir de cet endroit de rêve, nous apprenons qu'il y a tout près des bancs publics sur le bord de la mer, une plage à moins de trois cents mètres et que tous les commerces sont à proximité. À cela s'ajoute la possibilité de stationner sans problème la voiture dans la rue. 

 

Plus tard en soirée, en direct du Cap Finistère, nous assistons à notre premier coucher de soleil au bout du monde et ça vaut de l'or. Le point de vue est incroyable. Il est vingt-deux heures et le temps est si clair qu'on croirait plus à un lever qu'à un coucher de soleil.

 

Nous repensons à tous les hasards de la journée et à chaque décision que nous avons prises. Tout a convergé vers cet appartement de Fisterra et nous n'en revenons tout simplement pas. Nous avons une chance extraordinaire et nous l'apprécions beaucoup. Tout se met en place pour nous permettre de savourer pleinement nos vacances ici. Nous visiterons la région avec notre mignonne voiture et reviendrons tous les soirs vers notre port d'attache du bout du monde.

 

 

 

 

Jour 2 / Fisterra

 

Nous dormons à poings fermés jusqu'à huit heures et en ouvrant les yeux, nous réalisons que tout ça n'est pas un rêve. Notre chambre n'a qu'une minuscule fenêtre sur un tout petit atrium et nous ne voyons un coin de ciel bleu qu'en se sortant la tête et en regardant vers le haut.

 

Nous déjeunons au bar du coin en attendant l'ouverture du supermarché à neuf heures. Où que nous soyons, nous ne voyons que la mer. Le café est savoureux. L'épicerie est complète avec boucherie, boulangerie, fruits, légumes et c'est à deux pas de notre appartement. Nous faisons les courses pour quelques jours sans nous soucier du poids de tout ce que nous achetons. Au retour, tel que convenu la veille, nous changeons de chambre et occupons maintenant la pièce principale de l'étage avec un lit double, un sofa et une grande fenêtre qui fait la largeur complète de la pièce. La chambre est baignée de soleil tout autant que la cuisine tout juste à côté. À cet endroit se trouve une laveuse et nous en profitons pour laver presque tout notre linge. Pendant que ça mousse, nous allons marcher dans le port où des dizaines de marchands exhibent leur camelote sous les tentes. Nous nous procurons costumes de bains et serviettes de plage, en plus d'une belle grande nappe. Nous savourons ces moments et apprécions n'avoir aucune obligation autre que de s'occuper de soi et de profiter de la vie.

 

Nous nous préparons un lunch et passons l'après-midi sur une plage extraordinaire tout juste à la sortie Est de Fisterra. La plage est dans une large baie et fait face à une chaîne montagneuse. C'est de toute beauté.

 

Aujourd'hui, mes fesses ont vu le soleil pour la première fois de leur vie. Ce matin, il me prend une envie de m'acheter un maillot de type "speedo" et le seul que je trouve est un "string". Je me mets au défi et je l'achète. Louise ne me croit pas assez brave pour le porter et pourtant, je le fais. C'est une drôle de sensation de se promener fesses nues en public bien que la plage soit déserte. Le fou rire que nous avons vaut amplement les trois euros que le costume a coûté. Louise, pour sa part, se promène en sous-vêtements et en soutien-gorge et part sans gêne à la chasse aux coquilles St-Jacques.

 

Nous reprenons la voiture et filons vers Sardineiro où nous arrêtons sur une autre splendide plage. Rien ne presse et nous arrêtons où bon nous semble. Les routes sont belles et c'est vraiment très agréable de rouler en Mini-Cooper. Il y a une terrasse près de la plage et nous y prenons une grosse bière pression. Encore une marche agréable sur le sable.

 

Dernière étape avant de retourner à Fisterra, Curcubion, notre coup de cœur d'hier après-midi. Nous adorons y regarder la mer, le port et l'activité qui y gravite.

 

La journée est légère et tout est prétexte à profiter du paysage. Avant de souper, nous nous servons un verre de vin que nous allons boire sur un banc le long de la mer derrière l'édifice où nous habitons. C'est génial. En fait, il n'y a pas grand chose qui ne le soit pas.

 

Pendant le souper, un allemand se joint à nous dans la cuisine et nous discutons un peu avec. Par la suite, bien que tout ce qui nous intéresse est notre lit, nous ne pouvons résister à aller marcher dans le port, sur le bord de l'océan.

 

Chaleur, soleil, mer, vent, bière, vin, bonheur... nous nous endormons évidemment en mettant la tête sur l'oreiller.

 

 

 

 

Jour 3 / Fisterra

 

Dormir, dormir, dormir ! C'est bon mais en vacances, huit heures quarante, c'est beaucoup trop tard pour démarrer une journée ensoleillée sur le bord de la mer. Je vais remédier à cela demain, quitte à laisser Louise dormir et aller marcher dans le petit matin.

 

En ouvrant les volets qui font face au lit et qui couvrent le mur presque en entier, c'est un ciel bleu impeccable qui s'offre à nous. La journée promet d'être belle et chaude.

 

Nous déjeûnons à la cuisine et notre premier café con leche maison n'est pas fameux. On fera mieux demain. Je pars faire quelques courses pendant que Louise fait sa toilette. J'ai la chance d'arriver à l'épicerie au moment où le pain sort du four. Chaque client présent prend lui-même un sac en papier et la boulangère glisse le pain chaud dedans. Je singe avec plaisir cette façon de faire et repars avec ma baguette sous le bras. En chemin, même si seulement cinq minutes me séparent de l'appartement, je mange plusieurs gros morceaux de pain chaud directement du sac.

 

Nous enfourchons notre Mini vers dix heures trente avec un lunch pour le dîner et filons vers Muxia au nord. Nous empruntons une petite route forestière et avons l'impression de faire un camino pour voitures tellement le décor ressemble à ce que nous avons connu dans les derniers jours de notre marche. Beaucoup d'eucalyptus et des tunnels de verdure.

 

Muxia est un village de bord de mer avec une église bâtie sur une pointe rocheuse où les vagues frappent fort. Le paysage est majestueux et sauvage. L'océan est à perte de vue et sa couleur bleu vert est indescriptible. De là, la côte, qui s'étend sur des dizaines de kilomètres vers le sud, n'est que montagnes et caps rocheux. Nous trouvons un coin à l'abri du vent près de l'église et mangeons face à la mer.

 

Nous quittons Muxia en prenant une étroite route côtière peu fréquentée. Nous repérons un chemin qui sillonne une colline et file droit vers la mer. Nous le prenons et il nous mènera à un spectaculaire point de vue qui surplombe la mer. En certains endroits, la route est si proche de la falaise qu'une fausse manoeuvre nous lancerait dans le vide. Je ne me rappelle pas avoir conduit dans de telles conditions et j'avoue que c'est parfois inquiétant. Nous dominons l'océan et deux cents mètres plus bas, les vagues s'écrasent sur les rochers géants. Le son, l'odeur, la couleur, le soleil, tout y est.

 

La route nous mène dans de petits villages côtiers que nous traversons et quelques fois, les rues sont si étroites que la voiture passe à peine. Nous apercevons soudainement au loin notre première plage de la journée, celle de Lourido. Elle est au fond d'un lagon et l'eau est d'un vert époustouflant. La plage est déserte et semble vierge. Une petite route de terre bien dissimulée y descend. La plage fait moins de cinq cents mètres de long et a la forme d'un croissant. Nous serions seuls si ce n'était de cette femme qui fait plusieurs aller-retour en joggant. L'endroit a des allures d'île déserte et si ce n'était de l'eau trop froide pour la baignade, ce serait le paradis sur terre. Je me sens exhibitionniste et je passe quelques instants flambant nu à marcher sur le sable. C'est une sensation de liberté que je n'avais jamais connu auparavant.  Nous marchons sur cette plage sauvage durant une bonne heure et Louise se fait bronzer les seins nus. Tout est vraiment possible sous le chaud soleil d'Espagne.

 

Étape suivante, la plage de Nemiña. Elle est au milieu de nulle part et seuls un restaurant et une auberge occupent les lieux. Nous prenons un café sur la terrasse de la plage. Elle est d'un sable magnifique et couvre plus d'un kilomètre. Les vagues sont suffisamment hautes pour que plusieurs surfers s'y aventurent. L'eau est également ici d'un vert bleu incroyable mais trop froide pour se baigner. Nous marchons dans le va-et-vient de la marée, moi torse nu et Louise en sous-vêtements. Il n'y a pas plus de vingt personnes au total sur cette plage.

 

Nous repartons vers dix-sept heures pour retourner à l'appartement et préparer tranquillement le souper. En chemin, nous nous laissons tenter par la plage de Langosteira à l'entrée de Fisterra. L'heure n'a aucune importance. Autre endroit superbe. C'est la plage principale de Fisterra et elle s'étend sur au moins deux kilomètres. Pendant que Louise chasse la coquille en petite culotte et en t-shirt, je me baigne. L'eau est froide mais dès que le corps s'y fait, c'est aussi confortable que de l'eau chaude. J'y passerais la soirée si ce n'était de la faim qui me tenaille. J'ai peine à imaginer qu'en plein mois de mai, je me baigne dans l'océan Atlantique.

 

Avant de rentrer au bercail, il faut absolument trouver un maillot pour Louise car ça suffit les sous-vêtements et le soutien-gorge sur les plages d'Espagne. Nous trouvons ce qu'il faut dans une boutique de Fisterra.

 

Il est presque vingt heures quand nous rentrons finalement. Nous faisons une brassée de lavage, un petit souper, une douche rafraichissante et nous sommes prêts pour un autre coucher de soleil au Cap Finistère. En moins de cinq minutes en voiture, nous parcourons les trois kilomètres pour nous y rendre. Ce coucher de soleil est particulièrement hallucinant car aucun nuage ne voile le soleil ce soir. Nous y rencontrons une sympathique jeune femme que nous avions côtoyée à Triacastela.

 

Pour être certains de ne pas dormir trop tard demain, nous ne baisserons pas les volets cette nuit et les rideaux resteront grands ouverts. Cela nous donne un spectacle de toute beauté avec la grande fenêtre face au lit. Bien que la noirceur s'installe, le ciel est bleu foncé.

 

La vie est bonne pour nous et il ne se passe pas un instant sans que l'on y pense. Il n'y a qu'un seul mot qui nous vienne à l'esprit et c'est merci.

 

 

 

 

Jour 4 / Fisterra

 

Comme prévu, le réveil sonne à sept heures et le ciel est tout bleu comme les jours précédents. Il fait déjà chaud, ça promet ! 

 

Nous levons le camp vers neuf heures et en passant dans le centre du village, Louise reconnaît Anna sur une terrasse et Anna de son côté reconnait Louise dans la voiture. Nous arrêtons sur le coup et la retrouvons avec grand plaisir et émotion. Nous prenons le café ensemble et organisons quelque chose pour se revoir le soir même au Cap Finistère pour le coucher du soleil.

 

Aujourd'hui nous visitons la portion de pays au nord de Muxia. D'abord nous prenons un bain de soleil sur la plage de Lago où nous sommes aussi seuls que sur certaines plages de la veille. Je fais plusieurs tentatives pour lancer une bouteille à la mer mais le mouvement de la marée la ramène toujours sur la plage. Pour faire une histoire courte, il y a trois ans, j'ai fait ajouter un de mes prénoms de baptême à mon prénom officiel. J'ai placé dans la bouteille un papier sur lequel est inscrit mon ancien prénom que j'offre à la mer. 

 

Je récupère ma bouteille et nous roulons vers Camiñera. Il s'y trouve un phare et nous nous dirigeons droit dessus. L'endroit est absolument grandiose. La mer est à perte de vue et le phare la domine sur un très haut monticule rocheux. Une route y mène et nous grimpons.

 

Nous empruntons par la suite une petite route aride qui longe l'océan et nous trouvons un endroit sauvage pour mettre ma bouteille à la mer. Après l'avoir lancée, je ne la revois plus en espérant qu'elle ne se soit pas fracassée sur les rochers. Nous continuons notre chemin même si la route devient à peine plus large que la voiture. C'est spectaculaire mais pas idéal pour la conduite. Nous ne pouvons plus reculer et la route semble adéquate sur le tronçon visible au loin. Nous arrivons finalement au bout de la route et des poteaux métalliques bloquent le passage. Des traces de pneus dans l'herbe nous indiquent qu'il est possible de les contourner. Mais c'est douteux comme chemin pour un véhicule bas comme le nôtre. Je débarque pour évaluer la situation et je décide de passer. De toute manière, je ne peux pas faire à reculons tout le chemin parcouru. Tout se passe bien mais au dernier moment, une roche accroche le phare de brume avant-droit de la voiture et le casse. Ça m'ennuie énormément. J'ai poussé ma chance et je m'en veux terriblement. Je vais perdre mon dépôt sur la voiture, c'est certain. Comme pour ma dent cassée, ça va me coûter quelques centaines de dollars. C'est malheureux mais il n'y a rien à faire d'autre que de s'assumer et de vivre avec. C'est ce que je tente de faire, non sans difficulté.

 

Comme si ce n'était pas suffisant, peu de temps après avoir repris la route nationale, nous franchissons un barrage policier pour l'alcool au volant. C'est ma première expérience de la sorte et je n'en reviens pas que ça m'arrive ici en Espagne. Une chance que je n'ai rien pris aujourd'hui. Le pétrin dans lequel j'aurais été si j'avais trop bu me fait réaliser qu'une lumière cassée, c'est drôlement rien.

 

Nous finissons notre tournée de la journée avec un arrêt à la plage de Langosteira. Autre chasse fructueuse à la coquille et baignade fort agréable. Le soleil est fort, même passé dix-sept heures.

 

Nous nous faisons un petit souper tranquille et peu arrosé car nous montons en voiture encore ce soir pour assister au coucher du soleil. Nous rencontrons Anna dans la montée et elle accepte d'embarquer avec nous. Nous savons que ce sont nos derniers moments avec elle et c'est vraiment une personne que nous apprécions beaucoup. Heureusement que nous nous sommes revus car nous échangeons nos adresses email.

 

Le coucher de soleil est une fois de plus extraordinaire et il fait encore dans les vingt-cinq degrés quand nous revenons à l'appartement. Nous dormirons fenêtres et rideaux grands ouverts malgré les piaillements des espagnols le soir et ceux des goélands le matin. Qui s'en plaindrait quand la vie est si belle et si bonne malgré les petits pépins ?

 

 

 

 

Jour 5 / Fisterra

 

Bleu, bleu, que du bleu en ouvrant les yeux. Quel réveil agréable. Nous sommes lents à sortir du lit mais nous avons tout notre temps, encore.

 

Ce matin, nous renouons avec nos habitudes du camino et partons à pied vers le Cap Finistère. Ce n'est que sept kilomètres aller-retour mais ça demande quand même un bon coup de pied dans le derrière. Et nous sommes bien contents de le faire et nous promettons de marcher au moins une heure par jour ici à Fisterra, tout comme au retour à la maison. Nous faisons par la suite le tour des marchands ambulants sur le port et visitons le marché public et ses poissonniers. Nous finissons notre course avec un bon café dans un bar où il y a un signal wifi.

 

Aujourd'hui nous partons explorer le sud. Nous arrêtons d'abord sur la plage du mignon village d'Ezaro. Il fait déjà très chaud sous le soleil de midi. Au bout d'une vingtaine de kilomètres, une lumière rouge s'allume dans le tableau de bord de la Mini. Cette voiture devient de plus en plus une source de tracas. D'après le guide, il s'agit de la pression d'air d'un pneu qui est trop basse. Nous faisons demi-tour et arrêtons à la première station-service que nous rencontrons. Effectivement, un des pneus a besoin d'air. Mon plaisir aussi se dégonfle. Pour oublier tout ça, nous arrêtons sur notre plage préférée, celle de Langosteira. Deux heures et sept coquilles plus tard, nous sommes de retour au bercail.

 

Pour la première fois, nous avons de la compagnie dans notre cuisine. Un homme prépare son repas pendant que nous mangeons. Nous avons perdu l'habitude de la co-habitation mais ça va quand même.

 

Après le souper, nous allons traîner sur le bord de la mer derrière notre appartement et dans le port. Bien qu'il soit passé vingt heures, nous recherchons les endroits ombragés. Il y a un beau banc public devant le bar-café de ce matin et le wifi s'y rend. Nous prenons nos emails les cheveux dans le vent, bien à l'ombre.

 

Encore une journée à la température impeccable. Bien qu'il fasse très chaud, l'absence d'humidité rend la chaleur plus facile à supporter. Et notre chambre est si bien aérée et fenestrée que nous avons pratiquement l'impression de dormir dehors.

 

La température était parfaite pour la marche sur le chemin de Compostelle et elle est plus-que-parfaite pour les vacances à la mer. Il n'y manque que la famille et les amis !!!

 

 

 

 

Jour 6 / Fisterra

 

C'est le jour de la marmotte et nous ouvrons encore les yeux sur un ciel bleu impeccable. Il fera chaud encore aujourd'hui.

 

Ce matin, nous partons à pied vers Fisterra, traversons le village et rejoignons la plage de Langosteira que nous marchons d'un bout à l'autre. C'est une randonnée très agréable sous un soleil tiède matinal. Et la plage abonde en coquilles St-Jacques.

 

Nous revenons dîner à l'appartement et partons une fois de plus à la conquête de nouvelles plages. La première nous est familière car nous retournons à Estorde. La plage est petite et intime. Nous restons le temps d'une baignade éclair et repartons vers la plage de Rostro. Celle-ci est en dehors du circuit régulier et est considérée comme une plage dangereuse. Et nous comprenons pourquoi en la voyant. Nous ne sommes pas dans une baie mais directement sur l'océan Atlantique. Les vagues sont hautes et déchainées. Même un bon surfer en arracherait. La plage est vierge, immense et impeccable. Le bruit des vagues est très fort et la marée montante puissante. Nous la parcourons sur une bonne distance.

 

Comme l'après-midi est fort avancé, nous retournons à Langosteira pour terminer notre journée, une valeur sûre. L'eau y est toujours bonne et la plage est très grande.

 

Au retour, nous nous bricolons un lunch que nous mangerons sur le chemin qui monte au Cap Finistère. Nous y avons repéré des tables à pique-nique et la vue sur la mer est imprenable. Nous faisons d'abord quelques courses dans le village en sillonnant les charmantes petites ruelles qui le traversent en tous sens. Puis nous montons pique-niquer en voiture. C'est franchement plaisant.

 

Nous revenons juste à temps à l'appartement pour le match final de la ligue des champions entre le Bayern-Munich et l'Inter-Milan. Je n'apprécie pas les italiens au soccer et mon camp est choisi pour la partie. Un couple d'un certain âge arrive à la cuisine pour souper alors que le match commence et ils sont italiens. Que cela me serve de leçon. Heureusement ils sont gentils. Pire que ça, il y en a quatre au total sur notre étage. Comble de malheur, Milan gagne. Je dormirai bien malgré tout !

 

 

 

 

Jour 7 / Fisterra

 

Aujourd'hui c'est dimanche et la fièvre du samedi soir a frappé le village de Fisterra. Quelques feux d'artifice vers vingt-deux heures trente suivis d'une fiesta. De la musique forte semble provenir de la plage ou de quelque part tout près. Et elle ne cessera qu'à quatre heures du matin. Et c'est sans compter les piétons qui parlent fort sous notre fenêtre à tout moment de la nuit. Heureusement il fait encore beau ce matin et moins chaud que les jours précédents.

 

J'ai réussi à mettre le doigt sur la raison de mes blues des deux derniers jours. Je suis tiraillé entre ma chance de passer des vacances dans un endroit de rêve et mon envie d'être de retour à la maison. Un pareil séjour en Espagne n'a pas la même saveur quand on est loin de chez soi depuis presque deux mois. J'ai hâte de me retrouver dans mon environnement canadien français où tout n'est pas parfait mais à mon goût.

 

Ce matin, notre voiture a une crevaison. Une petite épreuve qui ne me fatigue plus. Ça m'ennuie mais je passe par-dessus. Je soupçonnais une crevaison lente car il avait fallu souffler le pneu hier. J'appelle le service d'assistance et en moins de deux heures, tout est arrangé.

 

Nos plans sont un peu chambardés mais nous nous ajustons rapidement. Nous dînons d'abord puis nous passons une partie de l'après-midi sur la plage de Langosteira. C'est toujours aussi agréable et drôlement tranquille pour un dimanche aussi ensoleillé.

 

Nous quittons un paradis pour un autre et allons prendre une bière et des croustilles sur notre banc public derrière notre appartement. Nous passons une bonne heure à contempler la mer et les montagnes. En plus, le soleil est bon.

 

Nous nous baladons dans les rues du village et allons prendre un café où il y a un signal wifi. Nous parlons à notre fille Audrey par internet. Ça faisait longtemps et ça fait du bien. Je me rends compte que je suis sur le signal wifi du port plutôt que sur celui du bar. Je pourrai maintenant me connecter à partir du banc publique devant le bar.

 

La journée est avancée et nous retournons à l'appartement. Après un semblant de sieste, nous nous faisons un petit souper tranquille avec une bonne bouteille de vin et nous sommes vraiment bien.

 

Fidèles à nos habitudes, nous allons marcher encore et cette fois-ci, dans notre nouvelle zone wifi, nous parlons à Maxime pendant près de trente minutes.

 

Notre camino est terminé depuis plus d'une semaine et nous en reparlons à tout moment. Nous n'envions ni ne plaignons les pèlerins que nous voyons ici, et il y en a beaucoup. Nous sommes très fiers de notre accomplissement mais pour l'instant, la page est tournée et notre vie n'est plus à la marche. Chaque chose en son temps et aujourd'hui, le temps est au repos.

 

 

 

 

Jour 8 / Fisterra

 

C'est drôle comment une journée peut commencer comme toutes les autres et devenir soudainement une journée spéciale. Il fait gris ce matin et on se prélasse au lit. Le déjeuner, les courses, le lavage, bref une journée qui s'annonce sous le signe de l'habituel.

 

Mais c'était sans compter que l'on rencontrerait notre amie allemande Jenny que nous n'avions pas revue depuis le jour vingt à Sahagun. Nous la croisons aux abords de la plage de Langosteira alors que nous prenons notre marche du matin. Quel plaisir de la revoir alors que nous parlions d'elle régulièrement sans penser la revoir. Elle a son sac sur le dos et vient de quitter une auberge où elle a passé la nuit. Elle est à Fisterra depuis trois jours. Après avoir discuté un peu, elle nous quitte pour partir à la recherche d'une place à coucher la nuit prochaine. Nous lui recommandons l'endroit où nous habitons et elle tentera de s'y louer une chambre. Nous nous fixons rendez-vous à dix-sept heures pour prendre une bière ensemble.

 

Nous marchons d'un bout à l'autre de la plage puis retournons dîner à l'appartement. Depuis quelques jours, toujours dans le même bosquet, nous entendons des miaulements de chat. Aujourd'hui, nous découvrons qu'un mignon chaton abandonné s'y cache. Il est très farouche et retourne dans sa cachette quand nous tentons de l'approcher. Nous reviendrons plus tard avec du lait et du pain. 

 

Le temps est un peu gris mais confortable malgré tout. Nous passons le reste de l'après-midi à flâner dans le port, à attraper un  signal wifi, à prendre un café dans une ruelle de la ville et à faire la sieste.

 

Nous rejoignons Jenny à dix-sept heures et prenons ensemble une bière sur notre banc derrière chez nous. Elle restera dans la même maison que nous durant quelques jours, sur l'étage en-dessous du nôtre. C'est bien de se retrouver avec elle après s'être perdus de vue pendant un mois. La bière terminée, il est dix-huit heures et nous décidons d'en prendre une autre mais ailleurs, sur une plage que nous ne connaissons pas, où Jenny nous amènera.

 

Nous nous achetons six bières et Jenny un vin mousseux. Nous marchons moins de trente minutes pour atteindre une superbe plage du côté Atlantique. L'endroit est sauvage et pratiquement vierge. L'océan s'étend à perte de vue et les vagues sont fortes. Nous nous assoyons et discutons en buvant quelques bières. Puis c'est le champagne. Je décapsule la bouteille et sans crier gare, le bouchon saute très haut dans le ciel sans même que je n'y touche. Une chance que la bouteille était tournée vers la mer. Le moment est fort agréable et nous sommes un peu ivres. Nous discutons pendant un long bout de temps. Quelques personnes sont à une vingtaine de mètres derrière nous et chantent La Bohème. L'un d'eux est québécois, de Gatineau, et nous allons vers lui. Il s'appelle Philippe, est jeune, nomade et gentil. Il dit qu'il n'a pas d'âge. Il vit ici au gré du vent depuis un an. Il travaille dans un bar du village et n'a aucun souci d'argent depuis qu'il a décidé qu'il n'en avait pas besoin. Il vit au jour le jour et fait parfois les ordures des supermarchés et des restaurants pour se nourrir. C'est son choix de vie bien qu'il semble être en réaction à un milieu familial austère. Philippe semble bien dans sa peau et sa situation, sans être enviable, donne une belle leçon sur comment mener sa vie quand on décide de ne plus s'accrocher à rien et de vivre simplement. Une rencontre plutôt hors du commun qui ne nous laisse pas indifférents.

 

Il est presque vingt-deux heures lorsque nous décidons de partir. Jenny trouve la soirée bien jeune et décide de rester avec le petit groupe. Nous revenons à pied le coeur léger et la tête qui tourne un peu. Il y a longtemps que nous ne nous sommes pas saoulés de la sorte. C'est si agréable ! Louise fait pipi en chemin, sur le ponton désert qui mène à la plage.

 

En revenant dans le village, un musicien de la rue joue la pièce "Wish You Were Here" de Pink Floyd. Je mets rapidement la main dans ma poche pour lui donner quelques pièces. Il semble très surpris que je connaisse cette chanson et il s'applique pour mieux jouer encore. Si je m'attendais à ça dans le fin fond de l'Espagne !

 

Nous rentrons finalement passé vingt-deux heures et mangeons une croûte avant d'aller au lit. Notre souper si bien planifié attendra à demain car nous avions tellement mieux à faire ce soir que de suivre l'horaire pré-établi. Nous devrions faire ça plus souvent dans notre vie de tous les jours.

 

 

 

 

Jour 9 / Fisterra

 

Jour tristounet sur Fisterra. Nuages et fine pluie passagère. Heureusement, le soleil paraît un peu et nous pouvons quand même nous balader dans le village. Le chaton ne veut pas de notre générosité mais nous lui laissons quand même un morceau de bagel et un bol de lait.

 

Les marchands sous la tente sont revenus dans le port aujourd'hui. Nous flânons jusqu'à l'heure du dîner. Il est plus difficile de passer le temps quand il ne fait pas soleil. Je m'achète un poisson au marché, nous dînons et nous nous rendons vers la plage. Il pleut en chemin et nous arrêtons prendre un café au bar où Philippe, le garçon de Gatineau rencontré hier soir sur la plage, travaille. Il arrive au bar en même temps que nous et s'assied avec nous. Il est bien gentil et c'est intéressant de parler avec lui.

 

Nous le laissons pour aller vers la plage déserte. Il fait mi-soleil mi-nuage et c'est très venteux. Louise enfile son manteau et je reste quand même torse nu. Drôle de température. Nous rencontrons Jenny sur le chemin du retour et l'invitons pour souper.

 

Nous revenons plus tôt à l'appartement pour manger des chips et regarder le tennis de Roland-Garros. Et à notre grand plaisir, Nadal joue et le match ne fait que commencer. Jenny nous rejoint vers dix-huit heures trente.

 

Vers vingt heures, nous nous retrouvons dans notre zone wifi du port pour appeler à la maison. Il n'y a qu'assis à une place bien précise le long du quai que mon cellulaire capte le signal. Maxime quitte dans moins de deux heures pour le Paraguay et nous tenions à lui dire au revoir. Nous parlons avec les enfants pendant une bonne vingtaine de minutes. Nous aurions tant aimé être là avec eux.

 

Un couple de hollandais rencontré le mois passé nous reconnaît et nous nous échangeons nos nouvelles du camino. Nous les avions rencontrés à Leon à notre vingt-troisième jour de marche. Ils sont fort sympathiques !

 

Petite journée de vacances bien tranquille à Fisterra. Nous commençons à écouler nos provisions et ça sent drôlement le départ. Si seulement demain peut être beau pour prendre un dernier bain de soleil !

 

 

 

 

Jour 10 / Fisterra

 

Dernier jour à Fisterra et la température est ordinaire aujourd'hui. Bleu en se levant et nuage soleil tout au long de la journée. Cela ne nous empêchera pas de faire quelques plages.

 

Nous marchons d'abord celle de Langosteira jusqu'à l'heure du midi. Nous y rencontrons Jenny qui tente tant bien que mal de prendre un peu de soleil. Il y a de bonnes percées et le soleil est malgré tout très chaud à ces moments-là. Nous revoyons Philippe le jeune bohème sur le chemin du retour et discutons un peu avec lui.

 

Nous dînons en regardant le tennis et Roger Federer. Plus tard en après-midi, nous allons explorer pour une deuxième fois la plage de la Mar de Fora. Elle n'est pas très loin à pied. Les vagues sont grosses et la plage vierge. Le décor est sublime. Nous mettons moins d'une heure à la parcourir aller-retour et passons beaucoup de temps assis sur les roches à observer le va-et-vient de la marée.

 

Nous revenons tranquillement vers le village et faisons escale chez le sympathique boulanger qui nous reconnaît, bien que ce ne soit que notre deuxième visite dans son commerce. Ses croissants à la crème sont hors du commun. Nous passons aussi chez la marchande de bonbons pour m'approvisionner en bonbons au café con leche. Le tour est fait et il ne reste qu'à préparer le souper avec un bon petit vin rouge en regardant encore le tennis à la télé.

 

Pour notre dernière soirée, nous allons marcher sur la plage de Langosteira qui est déserte à cette heure-là. Le soleil est encore haut et relativement chaud et je me baigne pour la dernière fois.

 

Ces dix jours de vacances à Fisterra nous auront permis de faire une douce transition entre le camino et le retour à la maison. Nous avons décompressé puis sommes revenus graduellement à une vie plus normale.

 

Bien que l'endroit soit exotique, que la mer et l'océan soient merveilleux, que les couchers de soleil soient majestueux, nous sommes prêts à retourner chez nous. Demain, retour vers Santiago pour reprendre l'avion vers Paris, puis après-demain vers le Canada. Un si grand projet maintenant devenu souvenirs !

 

 

 

 

Le retour / Santiago - Paris

 

La page se tourne aujourd'hui sur l'Espagne et nous sommes prêts à retourner à la maison. Le voyage sera long mais chaque minute écoulée nous rapproche un peu plus de chez nous. Ce matin, nous traînons au lit et déjeunons peu après huit heures en regardant notre dernier journal du matin à la télé espagnole.

 

Nous quittons l'appartement vers dix heures non sans avoir salué Jenny qui se trouve, sans aucune gêne, en string dans sa cuisine. La dame du logis est sur place et nous la remercions chaleureusement.

 

Comme il est tôt, nous prenons un dernier café sur le bord de la mer dans le port de Fisterra. Puis nous filons vers Santiago que nous atteignons vers midi quarante-cinq. Une dame de la compagnie de location de voiture nous attend à l'aéroport et en nous apercevant, elle remarque tout de suite le phare cassé de la voiture et le pneu de secours. Elle a l'air découragée mais ça m'est égal. Je paie les deux cents vingt euros de ma bêtise et me lave maintenant les mains de toute cette histoire. Nous avons profité de la voiture comme il se devait, découvert des paysages extraordinaires et visité une dizaine de plages exceptionnelles.

 

Notre avion a quarante-cinq minutes de retard mais le plus important sera d'être à Paris avant demain midi. Pour le moment, tout est sous contrôle. Le temps passe lentement mais ce n'est rien à côté des dix-sept heures d'attente que nous aurons à combler sur les bancs d'aérogare à Paris. J'essaie de me changer les idées.

 

Au moment de l'embarquement, quatre jeunes enfants crient et courent dans la file devant nous. Nous serons assis dans la rangée six de l'avion et sachant que l'avion comptera plusieurs dizaines de rangées de sièges, je dis à Louise que j'ai le pressentiment que les enfants seront assis dans les rangées cinq ou sept. Au moment où nous accédons à nos sièges, je réalise que les mômes sont directement devant nous dans la rangée cinq. Je prends ça avec un grain de sel. Ils bougeront et parleront sans arrêt pendant deux heures.

 

Après deux heures de vol, un jeu de chaise musicale continuel et du babillage qui n'en finit plus dans la rangée devant nous, nous atterrissons finalement à Paris avec quelques minutes de retard, vers vingt-et-une heures. Nous débarquons de l'avion par une passerelle ouverte et je me sens comme un Beatle qui débarque en Amérique. Un bus nous attend pour nous amener au terminal. Nos bagages nous arrivent rapidement et nous retirons le plastique qui recouvre nos sacs à dos. Au moment de quitter, la place est complètement déserte. Plus personne. Drôle de sensation.

 

Notre premier contact avec un français est très positif. C'est un homme dans un kiosque d'information. Il nous informe qu'il y a un service de navette entre l'aéroport et des hôtels tout proche. Nous optons pour l'hôtel plutôt que seize heures d'attente dans l'aéroport. L'homme nous déniche deux hôtels dans le secteur, appelle pour vérifier les prix ainsi que la disponibilité et nous indique où prendre la navette pour s'y rendre. Il est vraiment très poli et patient.

 

Nous attendons la navette une bonne vingtaine de minutes mais ce n'est rien à côté de ce qu'aurait été notre nuit sur les bancs de l'aéroport. Les deux hommes de race noire à l'accueil de l'hôtel sont gentils et la chambre, bien que minuscule, est très confortable. On se croirait dans une cabine de bateau de croisière.

 

Ça fait du bien de se retrouver en terrain francophone et de ne plus avoir à se soucier de la barrière de la langue. Et franchement, à part le chauffeur de la navette, nous sommes agréablement surpris de la gentillesse de tous les français que nous rencontrons. Nous nous endormons sur "La Ligne Verte" avec Tom Hanks... en français à part ça !

 

 

 

 

Le retour / Paris - Québec

 

Nous y voilà, dernière journée de notre long périple européen. Ce matin, nous sommes à Paris et nous n'en verrons rien si ce n'est le trajet entre l'hôtel et l'aéroport. En fait, Paris ou ailleurs, ça n'a aucune importance à ce moment-ci.

 

Le déjeûner à l'hôtel est copieux et délicieux. Tous les gens parlent à voix basse et c'est drôlement relaxant. Ça change du rythme espagnol parfois exubérant.

 

Tout va comme prévu, navette, enregistrement, plastiques pour les sacs à dos et embarquement. Nous prenons un dernier café au lait en sol européen. Je demande machinalement deux cafés con leche à la jeune serveuse et elle me fait une de ces têtes. Je dois décrocher de l'espagnol au plus vite. La facture est de neuf euros. Ils sont fous ces gaulois.

 

Nous dépensons nos derniers euros dans les boutiques et embarquons dans le Boeing 777. Le voyage se passe bien malgré un enfant pleurnichard et criard qui ne fait aucune pause de tout le voyage. Vraiment aucune. Il finit par s'endormir dans les bras de sa mère lorsque nous sommes debout dans l'allée pour débarquer à Montréal. La bouffe est bonne et les films aussi.

 

La correspondance à Montréal est un peu serrée mais quelques pas rapides nous font arriver quelques minutes avant l'embarquement du vol suivant. Nous voici à la toute dernière étape avant notre arrivée à Québec. Ça sent la maison !

 

Nous atterrissons à l'heure prévue à Québec et un comité d'accueil nous attend. Audrey et Bruno, grand-papa Maurice et trois membres du clan de la Durantaye, Sophie, Clémence et notre mentor Jean. Quelle joie de retrouver tout ce beau monde.

 

Deux heures pour Toronto, sept pour Paris, quatre pour Bordeaux, deux pour Bayonne, une pour St-Jean-Pied-de-Port, quarante jours pour Santiago et dix en Finistère. Puis le chemin en sens inverse, deux heures pour Santiago, deux pour Paris, sept pour Montréal et une pour Québec. Tout ce chemin pour revenir à mon point de départ, l'endroit que je préfère par-dessus tout, la maison !




Epilogue

 

Tu as passé de belles vacances ? 

Oui. 

 

Tu t'es reposé ? 

Oui et non. 

 

Qu'as-tu fait ? 

J'ai marché huit cents kilomètres. 

 

C'est énorme ! 

Pour moi oui, pour d'autres non. 

 

Vous étiez-vous préparés longtemps d'avance ? 

Oui, un an.

 

Aviez-vous tout réservé d'avance ? 

Non, juste l'avion outre-Atlantique et le voyage terrestre à l'aller.

 

Y avait-il beaucoup de monde qui marchait ? 

Oui, mais juste assez pour pouvoir marcher en paix.

 

Tout s'est bien passé ? 

Oui, vraiment bien.

 

Pas de bobos ? 

J'ai eu beaucoup de mal durant les trois premières semaines.

 

Des ampoules ? 

Oui, plusieurs, mais ce n'était jamais dramatique.

 

Comment as-tu fait pour te rendre jusqu'au bout quand même ? 

J'ai mis un pied devant l'autre, sans y penser.

 

Avez-vous pris quelques fois l'autobus ? 

Jamais, nous avons parcouru la distance sur nos pieds d'un bout à l'autre.

 

Ton sac était pesant ? 

Un peu mais il a vite fait partie de moi au point où il ne me dérangeait plus.

 

Combien pesait-il ? 

Dix-sept livres au départ mais toujours alourdi au fil du chemin par les provisions et par l'eau.

 

En couple pendant deux mois complet ? 

Oui, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

 

Ça devait être pénible ? 

C'était notre choix.

 

On dit souvent que ça passe ou ça casse… et vous ?

J'aime Louise plus que jamais.

 

Aviez-vous le même rythme de marche ? 

Pas du tout.

 

Avez-vous parfois marché séparément en vous rejoignant plus loin dans un village ou une auberge ? 

Jamais.

 

Marchiez-vous toujours ensemble ? 

Non. Sur presque les deux tiers du chemin, Louise était en avant de moi, à vue.

 

Tout ce temps que tu as marché seul, tu as beaucoup réfléchi ? 

Oui.

 

A quoi ? 

A ma vie, mes enfants, mon épouse, mes proches, mais souvent à rien aussi. A chaque jour, nous marchions pour quelqu'un en particulier.

 

Ça t'a fait du bien ? 

C'était très ressourçant.

 

Vous avez dû voir plein de belles choses ? 

Oui, en quantité phénoménale.

 

Alors c'était beau l'Espagne ? 

Oui, même quand il pleuvait.

 

Tu as pris beaucoup de photos ? 

Oui, deux mille six cents.

 

Combien de jours avez-vous marché ? 

Quarante.

 

Des jours de repos au travers de ça ? 

Aucun.

 

Est-ce que le chemin était bien balisé ? 

Oui, il y avait des flèches jaunes partout, en plus des affiches officielles du Camino Francès.

 

Vous est-il arrivé de vous tromper de chemin ? 

Oui quelques fois.

 

Est-ce vrai que des chiens s'en prennent parfois aux marcheurs ? 

Pas à ma connaissance. Il arrive même qu'il faille les contourner car ils dorment parfois au milieu de la chaussée.

 

As-tu rencontré beaucoup de monde ? 

Oui, de toutes nationalités.

 

As-tu crée des liens ? 

Oui.

 

Comment sont les espagnols ? 

Pris un à un, vraiment gentils. En groupe, irritants, comme toutes les nationalités.

 

Vous couchiez où ? 

Dans des dortoirs er des auberges.

 

Toujours en groupe ? 

Généralement en chambres de quatre à dix personnes, quelques fois plus. Plusieurs nuits en chambres de deux.

 

Est-ce que parfois les auberges étaient complètes à votre arrivée ? 

Une seule fois.

 

Est-il arrivé qu'une auberge ne soit pas à votre goût et que vous ne vous y arrêtiez pas ? 

Non, jamais.

 

C'était propre ? 

Oui, beaucoup plus que nous ne l'imaginions.

 

Vous dormiez bien ? 

Oui.

 

Y avait-il des oreillers ?

Un seul endroit où nous avons dormi n'en avait pas.

 

Y avait-il des couvre-feux ? 

En théorie oui, en pratique non.

 

Y avait-il des punaises de lits ? 

Vu aucune, mais nous étions vigilants.

 

Les douches étaient chaudes ? 

Oui, presque partout.

 

As-tu appris l'espagnol ? 

Oui.

 

Le café était bon ? 

Oui, remarquable.

 

Le vin était bon ? 

Oui, et bon marché.

 

Vous avez bu beaucoup ? 

Raisonnablement.

 

Vous avez bien mangé ? 

Comme jamais auparavant.

 

Au restaurant ? 

Presque jamais.

 

Y avait-il des cuisines dans les auberges ? 

Dans celles que nous choisissions, presque toujours.

 

Etiez-vous obligés de manger en grands groupes, tous à la même table, comme on voit dans les reportages ? 

Pas dans les auberges où nous étions.

 

As-tu perdu du poids ? 

Oui, vingt-cinq livres.

 

Mangeais-tu des pâtisseries ? 

Régulièrement, et sans remords.

 

Y avait-il beaucoup d'épiceries sur votre chemin ? 

Oui, de tout genre, toute grandeur.

 

Est-ce que ça vous a coûté cher ? 

Sur le chemin, trente dollars par jour par personne.

 

À ce prix-là, vous deviez certainement vous priver !

Pas du tout.

 

Où retirais-tu de l'argent ? 

Il y a des guichets automatiques partout.

 

Payais-tu comptant partout ? 

Oui, c'était plus simple ainsi.

 

Gardais-tu beaucoup d'argent sur toi ? 

Toujours entre cent et trois cents euros.

 

Vous êtes-vous fait voler ? 

Non. J'avais toujours sur moi, argent, passeports et cellulaire, nuit et jour.

 

Avez-vous manqué de quoi que ce soit ? 

Non, jamais.

 

Avez-vous vu de faux pèlerins ? 

Peut-être un.

 

Comment a été votre arrivée à St-Jacques-de-Compostelle ? 

Très bien. Nous avons pris soin d'en faire un moment inoubliable.

 

Aujourd'hui, qu'est-ce qui t'y fait penser ? 

La pièce Avé Maria jouée à la mandoline.

 

Comment était la cathédrale ? 

Grandiose, mais jaunie par le temps et recouverte de mousses par endroits.

 

Ton plus beau moment du chemin ? 

Quand l'homme qui a retrouvé mon appareil photo l'a brandi bien haut dans les airs en me voyant venir vers lui, paniqué.

 

As-tu un regret ? 

Oui, ne pas avoir gravi les Pyrénées au premier jour de notre marche à cause du mauvais temps.

 

Êtes-vous revenu tout de suite après votre marche ? 

Non, nous avons passé dix jours au Cap Finistère.

 

Qu'est-ce que tu as le plus aimé ? 

La liberté.

 

Et le moins aimé ? 

Le manque de respect.

 

Est-ce que tu réalises vraiment que tu as tant marché ? 

Non.

 

Le referais-tu ? 

Oui, tout de suite.

 

Différemment ? 

Oui, plus lentement.

 

Est-ce que tu as changé ? 

Je ne sais pas. 

 

Es-tu un meilleur être humain ? 

Peut-être.

 

Es-tu fier de toi ? 

Oui, beaucoup.

 

 

 

 

ANNEXE 1

 

Les gens rencontrés sur notre chemin :

 

Marita d'Australie

Philippe et Suzelle de France

Eddy et Frank, cyclistes d'Australie

Gérard, le pilote français de 77 ans

Dolly et Jeff d'Australie

David, l'espagnol blagueur de Barcelone

Le grand sec américain

Le couple anglais de Rotherham

Françoise, Paul et Alain de Toulouse

Christian d'Allemagne

Jeannette et André de Carcassonne

Amélie la médecin montréalaise

Henri et Claude de Les Aires

Le jeune brésilien et son père

Les frères danois Ulric et Michael

Les trois coréennes dont celle de l'oeuf et de l'orange

Jessica l'allemande blonde

Jenny la jeune allemande

Moon le coréen

Le grand chef arabe

Mckensey l'américaine

Manuel, l'ami de Marita et Mckensey

Le couple de français fraîchement retraités rencontré à Sahagun

Fina la dame de Aligante près de Séville

Neil Light Lalumière de Cambridge, Canada

Pascal le producteur de Champagne

L'espagnol José et la japonaise qui colle à Pascal

Luc "Nuage Blanc" le guérisseur de l'Ardèche.

Anna l'américaine qui vit au Mexique

Daniel, notaire français à la retraite

Luis qui a retrouvé mon appareil photo

Les copains de Luis, Pépé qui parle français, Felipe et un autre dont j'oublie le nom

Marie, Françoise, Sylvie et Jacqueline de Brest et de LaRochelle.

L'allemand de l'appartement de Fisterra

Philippe Pilon-Choquette, le canadien bohème de Fisterra

Le couple italien de l'auberge

 

Les espagnols mémorables, en bien ou en mal :

 

L'hospitalero désagréable de Roncesvalles

L'hospitalera patiente de Zubiri

Le boucher de Pamplona

Le serveur de Zubiri et la carte de crédit

La vieille dame de Arra qui marche avec nous

Le serveur de Sansol et ses photos de neige

La vieille dame de Logroño

L'hospitalero canadien anglais de Santo Domingo

L'hospitalero de Castrojeriz

L'hospitalero de Villamayor del Rio

Edouardo, l'hospitalero de l'oasis de Boadilla

Jésus de la Casa de los Dios près d'Astorga

L'hospitalera d'Astorga

L'hospitalero de Triacastela

L'hospitalera de Portomarin (que j'aurais épousé sur le champ)

Le restaurateur de Pedrouso

Le guitariste de la rue de Fisterra

Le pâtissier de Fisterra

Les employés du supermarché Froiz de Fisterra

Notre logeuse de Fisterra

Le tenancier du bar du port de Fisterra

L'homme du service routier

 

Pays d'origine des gens rencontrés sur le chemin :

 

Australie

Danemark

France

Suisse

Allemagne

Pologne

Etats-Unis

Canada

Belgique

Leischtenstein

Brésil

Mexique

Espagne

Italie

Angleterre

Corée

Japon

 

 

 

ANNEXE 2

 

Auberge et gîtes fréquentés :

 

Jour / localité / nom de l'auberge / note sur 10

 

Jour 1 / Roncesvalles / Albergue de la Colegiata Real / 8 

Jour 2 / Zubiri / Albergue Zaldiko / 8

Jour 3 / Pamplona / Albergue Casa Paderborn / 8 

Jour 4 / Puente la Reina / Albergue Jakue / 9

Jour 5 / Estella / Auberge municipale / 7

Jour 6 / Los Arcos / Albergue associative La Fuente, Casa de Austria / 9 

Jour 7 / Viana / Casa privée, calle de la Rueda 24 / 9

Jour 8 / Navarrete / Auberge municipale / 8

Jour 9 / Azofra / Auberge municipale et paroissiale Herbert Simon / 8 

Jour 10 / Santo Domingo de la Calzada / Auberge Casa de la Cofradia del Santo / 9

Jour 11 / Villamayor del Rio / Auberge privée San Luis de Francia / 7

Jour 12 / Villafranca Montes de Oca / Albergue San Antonio Abad / 8

Jour 13 / Atapuerca / Albergue El Peregrino / 8

Jour 14 / Burgos / Auberge municipale Casa del Cubo / 9

Jour 15 / Hornillos del Camino / Auberge municipale / 8

Jour 16 / Castrojeriz / Albergue privée Casa Nostra  / 9

Jour 17 / Boadilla / Albergue En El Camino / 9

Jour 18 / Villalcazar de Sirga / Auberge municipale Casa Del Peregrino / 8 

Jour 19 / Calzadilla de la Cueza / Albergue Camino Real / 8

Jour 20 / Sahagun / Auberge municipale Cluny / 7

Jour 21 / El Burgo Ranero / Auberge municipale Domenico Laffi / 7 

Jour 22 / Mansillas de las Mulas / Auberge municipale / 8

Jour 23 / Leon / Albergue Santa Maria de Carvajal / 7

Jour 24 / Villar de Mazarife / Albergue Paradis de Jésus / 9

Jour 25 / Hospital de Orbigo / Auberge paroissial San Juan Bautista / 9 

Jour 26 / Astorga / Auberge municipale Siervas de Maria / 10

Jour 27 / Rabanal del Camino / Albergue El Tesin / 8

Jour 28 / El Acebo / Albergue El Bar Meson El Acebo / 7

Jour 29 / Ponferrada / Auberge paroissiale San Nicolas de Flue / 8

Jour 30 / Cacabelos / Auberge municipale / 9

Jour 31 / Trabadelo / Auberge municipale / 9

Jour 32 / O Cebreiro / Auberge Xunta de Galicia / 2

Jour 33 / Triacastela / Auberge privée Berce do Camino / 10 

Jour 34 / Sarria / Auberge privée Los Blasones / 8

Jour 35 / Portomarin / Auberge privée Porto Santiago / 10 

Jour 36 / Airexe / Albergue Xunta de Galicia / 2

Jour 37 / Melide / Hôtel Xaneiro, avenida de La Habana 43 / 7 

Jour 38 / Arzua / Auberge privée da Fonte / 9

Jour 39 / Pedrouso / Albergue Porta de Santiago / 6

 

 

 

 

ANNEXE 3

 

Liste de matériel

 

2 pantalons convertibles (avec zippers pour convertir en bermudas)

2 paires de chaussettes de type liners (légères, à séchage rapide)

2 sous-vêtements (légers, à séchage rapide) 

2 chandails manches courtes (légers, à séchage rapide)

1 chandail manches longues (léger, à séchage rapide)

1 coupe-vent (le plus léger possible)

**** Les vêtements roulés, plutôt que pliés, prennent peu de place dans le sac à dos ****

1 paire de gants (indispensable en avril et en mai)

1 tuque (indispensable en avril et en mai)

1 foulard de style "buff" (indispensable en avril et en mai)

Ceinture

Ceinturon ventral pour passeport et argent

Poncho imperméable

Chapeau

Souliers de marche

Sandales

Taie d'oreiller

Sac de couchage

Plastique de lit (indispensable pour recouvrir les matelas, je le trainais enveloppé dans un sac vert accroché à l'extérieur de mon sac au cas où une punaise s'y cacherait)

Bâtons de marche

1 serviette en micro-fibre de grandeur moyenne

2 débarbouillettes en micro-fibre

Passeport

Photocopie du passeport

Argent comptant (euros)

Carte de débit et crédit

Permis de conduire

Guide Miam Miam Dodo

Credencial

Appareil photo + chargeur + étui + carte mémoire

Téléphone cellulaire + chargeur + étui

Lunettes de soleil + cordon de lunette

1 paire d'écouteurs

Adapteur européen pour prise électrique (modèle rond avec deux tiges)

Couteau suisse (indispensable pour couteau, ciseau, ouvre-bouteille et cure-dent)

Lampe frontale (très pratique pour marcher à la noirceur et pour vérifier la chambre avant de quitter le matin)

Bouchons pour les oreilles

Bandeau de nuit pour les yeux

1 barre de savon à linge (très facile à trouver en Espagne)

1 corde à linge

6 épingles à linge en plastique

Crème solaire (plus petit format possible)

Déodorant (plus petit format possible)

1 barre de savon

Shampoing (plus petit format possible)

1 rasoir jetable + mousse à raser (plus petite format possible)

Coupe-ongles

Brosse à dents

Pâte à dents (plus petit format possible)

Petite trousse de premiers soins

1 rouleau de papier de toilette (que je n'ai pas utilisé une seule fois)

1 petit paquet de mouchoirs (se trouve facilement en Espagne)

Bouteille de désinfectant pour les mains (je ne l'ai utilisé que les deux premiers jours)

Kit pour ampoules

Crème anti-frottement (Crème Nok appliquée tous les matins, indispensable)

Beurre de pieds (appliquée tous les soirs au coucher, presque indispensable)

Duck tape (quelques tours enroulés sur les bâtons de marche, peut être très pratique)

1 petit caillou de chez soi (pour déposer au pied de la Cruz de Ferro)

4 gros sacs Ziploc à congélation (pour répartir tout le matériel et faciliter le déballage et le remballage du sac à dos)

 

Pas d'ustensiles

Pas de gamelle

Pas de casquette

Pas de gourde (bouteille d'eau commerciale achetée sur place et remplie au fur et à mesure suffit)

Pas d'embouts de bâtons de marche supplémentaires (facile à trouver en Espagne)

Pas de costume de bain (j'en ai acheté un en Espagne)

Pas de serviette de plage (j'en ai acheté une en Espagne) 

 

 

 

 

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